mardi 19 mars 2019

VIVRE-ENSEMBLE




Le vivre-ensemble : cette locution semble être devenue une obsession des media – journaux, télévision, media sociaux, discours politiques, conférences universitaires, injonctions religieuses urbi et orbi du pape, lamentations des victimes fétiches quant à son absence, cris stridents des mouvances zinclusivistes* pour dénoncer telle ou telle atteinte au vivre-ensemble – tous invoquent incessamment cette nouvelle déité de l’air du temps.
Vivre ensemble, n’est-ce pas ce qu’on fait depuis les brumes de la préhistoire ?

Le Larousse définit le vivre ensemble comme une « Cohabitation harmonieuse entre individus ou entre communautés » ; pour le GTD, (Grand Dictionnaire Terminologique) c’est plutôt une notion sociologique : « Concept qui exprime les liens pacifiques, de bonne entente qu’entretiennent des personnes, des peuples ou des ethnies avec d’autres, dans leur environnement de vie ou leur territoire. » Bizarrement, cette locution n’a jamais plus été utilisée que depuis l’avènement du terrorisme islamique au cœur des sociétés occidentales, comme si son invocation, après chaque attentat sanglant, allait calmer les excès des fous d’Allah en leur prouvant que les sociétés occidentales étaient ouvertes, accueillantes, et que la violence n’était pas nécessaire.

Or c’est vraiment ici que le bât blesse, les bonnes gens sommées de vivre-ensemble ont de la difficulté à saisir et à accepter lorsqu’ils ont compris, que cette locution de deux mots en comprenait trois autres, susurrés d’abord à voix basse et maintenant à voix forte par les tenants de la laïcité-halal : « vivre-ensemble avec nos différences. » Car enfin, d’où vient cette difficulté à vivre ensemble que ce soit en France ou au Québec ? Ces deux pays ont accueilli des millions d’immigrants et leur ont donné les mêmes droits ; qu’il y ait du racisme ordinaire, c’est évident et des deux côtés, on ne serait pas homo sapiens sinon.
Mais pourquoi avec toutes les immigrations précédentes, les difficultés d’ajustement se sont-elles résorbées au bout de quelques décennies, deux ou trois générations au plus – plus pour les Juifs - sans jamais atteindre le niveau de cassure sociale qu’on constate actuellement partout en occident avec les tenants de l’islam ?
La France compte plus de 500.000 immigrants chinois ou indochinois dans la région parisienne et étrangement jamais d’interpellation angoissée sur le vivre-ensemble ni des accueillants, ni des accueillis.
Au Québec, la petite communauté juive d’origine marocaine de récente arrivée jamais n’émit la moindre plainte quant à une déficience du vivre-ensemble, ce qui fait que la locution ne figure pas dans le lexique de leurs rapports avec la société québécoise. Pourquoi pas de problème de vivre-ensemble avec certains groupes, et donc pas de besoin de jamais utiliser cette locution et pourquoi ce besoin est-il si vif partout avec cet autre courant migratoire, issu du monde musulman, notamment le Maghreb ?  La réponse est simple, avec la pleine jouissance des droits, venait également son complément, le devoir de respecter les lois et de faire siennes les valeurs fondamentales des sociétés d’accueil, ce qu’aucun autre groupe précédent d’immigrant n’avait refusé, sans pour cela y perdre son identité particulière.

Respecter les différences de chacun, oui, mais de quelles différences parle-t-on ? Il se trouve que certaines différences ne sont pas digérables dans une société démocratique, fondée sur le respect des droits de la personne qui inclut l’égalité intangible de l’homme et de la femme. Sortir dans la rue avec un voile sur la tête ne fut jamais interdit, mais de là à prétendre que porter partout la burqa est un droit naturel n’est pas un geste amical en faveur du vivre-ensemble, c’est plutôt un doigt d’honneur adressé à votre hôte.

Pérenniser la culture du nouveau venu, plutôt que de conforter sa convergence vers les valeurs de l’accueillant semble être devenue la nouvelle doxa des bien-pensants. Loin de favoriser le vivre-ensemble, cela aboutit fréquemment à des communautés côte à côte, chacune avec des valeurs souvent antagoniques. Quelle est dans ce cas la nature de l’enrichissement culturel que ce vivre-ensemble nous promet ? Le tourisme culinaire à portée d’un ticket de métro ? La musique traditionnelle d’un ailleurs juste au coin de la rue ?
Les grandes créations culturelles nous influencent, peu importe d’où qu’elles viennent, mais les pratiques contraires aux valeurs des droits de la personne ne relèvent sûrement pas de l’enrichissement culturel.
Au contraire, elles créent un état éruptif de conflits entre la laïcité de facto des accueillants et l’affirmation religieuse et identitaire des nouveaux venus au sein des espaces publics, pour cause de demandes d’accommodements déraisonnables.

Ce n’est pas la première fois que des sociétés connurent la nécessité d’inventer un vivre-ensemble respectueux des uns et des autres.  La première solution de l’époque moderne fut imaginée par les États-Unis. Pour tenir compte de la diversité des treize colonies fondatrices, le congrès américain, lors de la création des États-Unis, avait adopté une devise, E Pluribus Unum, « Un à partir de plusieurs », parce qu’ils savaient que leur unité ne pouvait être fondée ni sur une origine ancestrale commune ni sur une unique religion. Ce qui devait assurer idéalement le vivre-ensemble américain ne pouvait dès lors qu’être un ensemble de valeurs fondamentales partagées, non négociables, formant le socle commun de l’identité nationale ; tout le reste était laissé à la liberté de chacun.
C’est cette prémisse, Liberté, égalité de tous, laïcité, et non ethnicité ou religion, qui fonde aujourd’hui l’éthos et la promesse affichée de pays comme la France et le Québec. C’est cette prémisse qui est la seule capable de concilier l’universalité de la justice avec le respect des identités dans un cadre commun du vivre-ensemble. Y déroger, c’est courtiser le désastre en ouvrant la part d’ombre qui rôde en chacun de nous.

Vivre ensemble lorsqu’il faut intégrer un nouveau groupe n’est pas facile ; certaines recherches, entre autres celles du professeur d’économie d’Oxford Paul Collier, ont montré que les effets de l’immigration sont beaucoup plus sociétaux et à long terme qu’économiques et à court terme, et ont de ce fait des effets sur le vivre-ensemble.
En gros, l’immigration, dans certains cas, accroît la diversité sociale (positif jusqu’à un certain point) du pays, mais réduit sa cohésion sociale (fortement négatif). Ce compromis affecte différemment les diverses composantes de la population. Les générations jeunes et aisées en profitent, mais ceux qui dépendent du filet de sécurité sociale en pâtissent, qu’ils soient au chômage ou dans toute autre situation de vulnérabilité, parce que lorsque la cohésion sociale diminue, les électeurs rechignent à financer des programmes d’aide sociale plus généreux pour les plus démunis.

Il faut quand même s’interroger sur le niveau d’intelligence de tous ces acteurs sociaux, politiciens, journalistes et intellectuels qui n’ont que le mot « vivre-ensemble » à la bouche. L’expression renvoie clairement à son exact opposé ; lorsqu’on l’utilise c’est que ça va mal, que les relations entre communautés sont tendues, parfois violemment conflictuelles. Est-ce alors une invocation, une prière, ou est-ce tout simplement du cynisme ? Peut-être tout cela ensemble, lorsqu’on refuse de nommer le réel, on embrasse le performatif et, par la magie des mots, on crée l’illusion d’une nouvelle réalité ; dormez en paix, citoyens, tout va bien aller par la grâce de cette communion du vivre-ensemble.

Ce n’était pas l’avis de Claude Lévi-Strauss ; il avait, du vivre-ensemble, une conception pour le moins nuancée. En 1971 lors d’une conférence à l’UNESCO, il déclara :

« Sans doute nous berçons-nous du rêve que l’égalité et la fraternité règneront un jour entre les hommes sans que soit compromise leur diversité. Mais si l’humanité ne se résigne pas à devenir la consommatrice stérile des seules valeurs qu’elle a su créer dans le passé, capable seulement de donner le jour à des ouvrages bâtards, à des inventions grossières et puériles, elle devra réapprendre que toute création véritable implique une certaine surdité à l’appel d’autres valeurs, pouvant aller jusqu’à leur refus, sinon même leur négation.  Car on ne peut, à la fois, se fondre dans la jouissance de l’autre, s’identifier à lui, et se maintenir différent. Pleinement réussie, la communication intégrale avec l’autre condamne, à plus ou moins brève échéance, l’originalité de sa et de ma création. »

Le « vivre-ensemble », assurément, mais dans le respect des valeurs de la société d’accueil, car ceux qui débarquent sur ses rives ne mettent pas le pied sur une Terra nullius.


Léon Ouaknine



* Terme péjoratif, largement utilisé maintenant pour décrire la galaxie des bien-pensants qui exigent que la société d’accueil accepte toutes les différences de « l’Autre » même si elles relèvent de la monstruosité. C’est ainsi que le Premier Ministre du Canada fit effacer d’un document officiel adressé aux nouveaux immigrants, le terme « barbare » accolé à la pratique de l’excision. Il justifia sa décision en déclarant qu’il ne fallait pas utiliser un tel mot, trop stigmatisant, et qu’il fallait lui préférer « inacceptable ». L’euphémisation de l’inclusivité mène à tout !




RÉFUGIÉ





Définition

La notion de réfugié découle de l’ancienne tradition d’inviolabilité des lieux sacrés dans la Grèce antique qui se perpétua au Moyen-âge dans les églises avec le droit d’asile. Elle ne fut toutefois sérieusement codifiée, sous la forme de traités internationaux par la convention relative au statut de réfugié, qu’en juillet  1951.
Cette convention définit le réfugié  comme une personne qui fuit son pays, mû par une crainte significative d’être persécutée du fait de son appartenance ethnique, de sa religion, de sa nationalité ou de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques.

Réfugiés ou faux réfugiés

Depuis les années 80, le « réfugié » est devenu une figure emblématique de l’air du temps. Toutefois le terme ne renvoie pas à la même définition dans ces pays d’orient qu’en Europe ou en Amérique du nord. Au Moyen-Orient, des millions de personnes ont été déplacées du fait de violents conflits ethniques, religieux ou pour cause de révolutions et insurrections sanglantes.
Ces réfugiés-là risquaient réellement leur vie.

Au contraire, les « réfugiés » qui se pressent aux portes des pays occidentaux sont rarement  de vrais réfugiés au sens des conventions internationales, ils sont le plus souvent des migrants économiques, qui veulent contourner les obstacles légaux à leur accueil en se présentant comme réfugiés pour en obtenir le statut et les avantages qui en découlent.
En effet, le pays de premier accueil du réfugié est tenu de lui fournir secours et assistance durant l’examen de sa demande, ce qui prend très souvent des mois et des années.
Si le recours des réfugiés putatifs est rejeté – 83% des demandes pour la France sont refusées parce que non fondées – ceux-ci optent fréquemment pour la clandestinité et restent dans le pays d’accueil car les procédures d’expulsion sont rarement exécutées.

Ce pourcentage très élevé de rejets des demandes de statut de réfugié, encore plus important dans d’autres pays européens, confirme clairement que le « réfugié » en occident est majoritairement un faux « réfugié », c’est essentiellement un migrant économique que beaucoup de pays ont du mal à intégrer pour trois raisons :

a) un taux structurel de chômage déjà élevé pour des pays comme la France et le Québec,
b) un manque de formation appropriée de la part de ces migrants
c) des pratiques culturelles en rupture avec celles du pays d’accueil, principalement du fait de la religion  

Le piège

Objectivement, l’énoncé des faits devrait amener les autorités et les media à cesser de  désigner comme « réfugiés » ces migrants économiques. Il n’en est rien en cette ère de post-vérité où les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion. Or il faut bien reconnaître que le réfugié est une aubaine pour le camp du bien. Quoi de plus humain que d’accueillir celui qui souffre et dont la vie et la santé sont à risque ? Rappelons l’effet de la photo du petit noyé syrien en Turquie, l’émotion fut immense et Angela Merkel prit la décision inouïe sans consultation populaire d’accueillir en quelques mois plus d’un million de « réfugiés » syriens, dont plus de 70% étaient des hommes jeunes ou relativement jeunes. Aucun politique ni aucun grand journal ne s’interrogea à l’époque, sur cet étrange phénomène que des « réfugiés » fuyant la mort soient majoritairement des hommes ayant laissé derrière eux, parents, femmes et enfants, réclamant le droit d’asile comme un droit universel. En fait, pour une partie du camp du bien et leurs thuriféraires, le droit d’asile devrait être inconditionnel et absolu, parce que l’occident aurait une dette morale vis-à-vis des damnés de la terre, la condition de ceux-ci résultant forcément d’une prédation colonialiste antérieure. Du coup, on en appelle à une obligation de justice restaurative. Face à cette démesure, même le président socialiste François Mitterrand avait rappelé que la France ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde. Malgré ce constat, de nombreuses organisations s’activent pour encourager et faciliter la venue illégale de migrants, principalement musulmans, notamment les organisations de secours en mer des réfugiés. Ces organisations sont d’ailleurs en lien de facto avec ceux qui profitent grassement de cette migration, les trafiquants qui organisent ces déplacements coûtant au bas mot pour chaque individu plusieurs milliers d’euros, ce qui indique déjà que ces « réfugiés » font partie des privilégiés capables de disposer de telles sommes d’argent. Ainsi les organisations de secours aux réfugiés collaborent avec les mafias exploitant ces mêmes faux réfugiés, puisque leurs liaisons téléphoniques pour identifier quand et où les réfugiés devront être secourus en mer, furent interceptées à de nombreuses reprises par les marines italienne et française. Le journal Libération, une des têtes d’affiche du camp du bien, a reconnu récemment que la fondation de Georges Soros contribuait indirectement au financement de ces navires, via sa fondation Open society (Gilles William Goldanel, Figarovox, 18 juin 2018)

Nous en sommes là aujourd’hui, tout le monde sait que quatre fois sur cinq, le migrant ou le sans papier ne sont pas de vrais réfugiés, mais contester ce fait objectif vous range automatiquement dans la case de l’inhumain !



PALESTINE. PALESTINIENS




Excédés par les révoltes constantes de Juifs des royaumes de Juda et d’Israël contre l’autorité de Rome, les légions de Titus détruisirent le second temple à l’issue du siège de Jérusalem en l’an 70 EC (Flavius Josèphe, la guerre des Juifs). Cela ne mit pas fin aux révoltes et pour punir celle qui advint en 132-135, l’empereur Hadrien au IIè siècle décida d’éradiquer jusqu’au souvenir de ces deux royaumes juifs, en les nommant Palestine (Hérodote).
Autrefois appelé Canaan, cette contrée devint en partie les royaumes juifs de Juda et d’Israël, puis Palestine sous les romains, Terre sainte sous les croisés, Provinces arabes sous les empires mamelouk et ottoman, le dictionnaire Larousse de 1884 décrivant la Palestine comme une « contrée de la Turquie d’Asie, habitée autrefois par les israélites, souvent désignée sous le nom de Terre sainte »,  puis Palestine de nouveau à compter de 1920 sous mandat britannique à l’issue de la première guerre mondiale (conférence de San Remo). Les Anglais découpèrent une partie de celle-ci pour créer le royaume hachémite de Jordanie et permirent l’installation du foyer national juif de Palestine dont le drapeau – étoile de David jaune sur fond bleu et blanc avec l’inscription Palestine sous l’étoile juive- tel que l’atteste le Larousse de 1939. Enfin, depuis 1948 la Palestine désigne les territoires de Judée et Samarie (ex Cisjordanie) et la bande de Gaza, l’État juif ayant choisi de s’appeler Israël.
Mais le mot Palestine signifie maintenant bien plus qu’un territoire et les Palestiniens bien plus que la population arabe et chrétienne qui y vit. C’est devenu dans le cadre d’un conflit sanglant entre Juifs et Arabes, un mot masqué, piégé, un travesti historique pour lui faire dire ce que la Palestine ne fut jamais.
La Palestine actuelle ne fut jamais une contrée native du peuple arabe, ses habitants ne sont pas les descendants des peuples qui y fondèrent les royaumes juifs. Tout cela fut imaginé et construit durant la guerre froide dans les officines soviétiques pour contester la légitimité de l’État juif. Cela va très loin, on raconte même qu’Arafat, le chef historique de l’OLP, s’insurgea un jour contre les fouilles archéologiques à Jérusalem, en déclarant que les Juifs risquaient ainsi de détruire la première mosquée construite par Adam, le premier homme !
Aujourd’hui, le mot Palestine conjure l’image d’un peuple présenté comme dépossédé de sa terre. Quant aux Palestiniens, ils ont été sacrés victimes exemplaires, victimes expiatoires, requérant les soins les plus attentifs de la gauche bienpensante. Aucun autre blessé de l’histoire n’obtient aujourd’hui le dixième de la couverture médiatique qui leur est consacrée. Quelques exemples. Les Tibétains ont vu leur pays militairement confisqué par la Chine, l’implantation de Chinois Han est tellement avancée que les Tibétains sont devenus une minorité à Lhassa et bientôt au Tibet après avoir été dépossédés des autres territoires du Tibet historique, Sichuan, Gansu, Qinghai. La secte Ahmadiya de mouvance islamique s’est vu interdire de pratiquer ouvertement sa foi en Indonésie sous prétexte d’hérésie, tandis qu’à Mindanao une province à majorité musulmane dans un pays massivement chrétien, les Philippines, des mouvements islamistes extrémistes se sont développés peu à peu ; ils revendiquent une islamisation totale du droit et mènent des actions de terrorisme à l’encontre de la minorité chrétienne de cette province. 120.000 morts en dix ans rien qu’à Mindanao est l’horrible bilan de cette guerre, hélas presque silencieuse. Les musulmans Rohingyas subissent un effroyable nettoyage ethnique de la part des bouddhistes en Birmanie, mais dès que la pression retombe, la presse s’en désintéresse. Les Tchétchènes ont connu aux mains des Russes des massacres immenses relativement à leur nombre. Les coptes chrétiens qui comptent entre 6 à 10% de la population égyptienne sont en butte à des attaques quasi incessantes, leurs églises fréquemment incendiées, les chrétiens d’Irak qui étaient 1 million en 1980, ne sont plus que 200,000 et le temps est proche où il n’y en aura plus. Les 850.000 juifs des pays arabes sont tous partis ; l’une des dernières expulsions en 1969 par Kadhafi fut celle des 38.000 juifs qui y demeuraient encore, ils furent contraints de partir manu militari sans avoir pu emporter le moindre bien.
On critique à juste titre les expulsions abusives de Palestiniens dont on confisque les champs; pourquoi ne jamais faire de parallèle avec ce que firent Kadhafi, Nasser et autres dictateurs à l'égard des Juifs qui vivaient dans ces pays plus de mille ans avant que l'islam ne vienne les conquérir ?
Bref, les mots Palestine et palestiniens sont des mots codes pour récuser la légitimité d’un autre État, Israël, ils sont les éléments justificateurs de l’antisionisme, des mots qu’on balance comme des grenades explosives. Ils sont également l’un des cache-sexe de l’antisémitisme musulman.
Cela va très loin, lors des nombreuses manifestations violentes dans les quartiers sensibles en France, une banderole apparaît fréquemment « Paris, Gaza, même combat, intifada ». C’est dire combien les mots Palestine et Palestiniens sont devenus des fourre-tout à la jonction de deux mouvances - la gauche régressive et les islamistes. 


MUSULMAN MODÉRÉ




L’expression « musulman modéré » sonne de façon insultante aux oreilles des musulmans : pour eux, comment pourrait-il en être autrement, puisque le coran leur ordonne de suivre la voie du juste milieu ? En même temps, face à l’horreur des attentats islamistes, tuant et déchiquetant au cri de « Allahu Akbar » signifiant « Dieu est le plus grand » chacun s’interroge : qui est le vrai croyant musulman ? Celui qui vit tranquillement sur le palier voisin du nôtre ou celui qui sacrifie sa vie en tuant de simples citoyens vaquant à leurs affaires ? Celui qui brûle une vieille femme juive, rescapée de la Shoah encore une fois au cri de Allahu Akbar, l’imam de Brest qui éduque les petits enfants en leur disant qu’écouter de la musique ou danser les transformera en singes et en porcs comme les Juifs, ou le philosophe musulman Abdenour Bidar qui pense que l’islam peut aider à combler le vide spirituel de l’occident tout en rappelant dans une célèbre lettre à sa communauté, celle de l’ouma, qu’elle affiche un visage hideux, rongé par le cancer de la haine de l’autre (Lettre ouverte au monde musulman, Amazon.fr 15 janvier 2015).

Il est vrai, pour paraphraser Pascal, que vérité en-deçà des Pyrénées, erreur au-delà ; pour l’occidental, habitué à une religiosité intérieure, devenue essentiellement un cheminement individuel, l’affichage public surabondant de sa foi a un caractère agressif, extrémiste presque, et évidemment si on y ajoute les égorgements et les voitures béliers, trop, c’est trop. Pour lui, le musulman modéré sera donc celui qui dans les faits se conduira dans la vie commune sans habits ou signes ostentatoires, conformément à la maxime « À Rome, fais comme les Romains ».

D’un autre côté, qui a revendiqué de faire de l’Arabie saoudite, un bastion de l’islam modéré ? Nul autre que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Évidemment, l’idée d’un islam modéré en Arabie saoudite en a fait sursauter plus d’un. Quelque chose cloche quelque part. (Oasis, octobre 2017.
(https://www.oasiscenter.eu/fr/mbs-arabie-saoudite-islam-modr)

Il ne peut pas exister d’Islam modéré, comme le remarque fort justement Erdogan, le sultan turc, lors d’une rencontre de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) le 9 novembre 2017. Les commandements religieux sont implacables, la sortie de l’islam se solde par la mort, et même le simple fait pour un individu de ne pas respecter en public le ramadan est interdit par le code pénal marocain ainsi que tout propos de quiconque à encourager un musulman à sortir de l’islam. On parle bien ici d’un État, le Maroc, cité comme exemple de l’extrême modération.

Le drame du musulman est que l’islam lui interdit la libre disposition de son être et de ses croyances.

Comme l’a si bien dit le prix Nobel de littérature égyptien, Najib Mahfouz, lorsque le musulman deviendra un libre individu, l’islam s’écroulera.

C’est pourquoi l’islam modéré est difficilement concevable ; en revanche on imagine très bien en contrée occidentale, des musulmans ayant une « pratique » très modérée, à l’instar de beaucoup )de chrétiens et de Juifs, pratiquant leur religion sur le mode cafétéria, choisissant ce qui leur convient et rejetant sans états d’âme, les commandements indigestes ou quasiment empoisonnés. Le principal obstacle à cette façon de vivre est la pression communautariste qui a tôt fait de mettre au pas ceux qui dérogent à l’enrégimentation voulue par les mosquées et les organisations qui tirent les ficelles communautaires, tels les frères musulmans et les salafistes, grassement financées par les pétromonarchies et tous les rêveurs d’empire, qu’ils fussent turcs ou iraniens.   

Le musulman modéré ne peut l’être qu’en se dérobant au regard de sa communauté !