vendredi 13 novembre 2015

NOUVELLE CONTROVERSE AU YMCA : LE BURKINI



NOUVELLE CONTROVERSE AU YMCA : LE BURKINI


Un fait divers ? Surement pas !


Les YMCA du Québec viennent de lancer ces jours-ci une campagne invitant les femmes à venir profiter de leurs piscines pour nager en toute liberté et à leurs rythmes. C'est tout à fait louable mais il y a un hic, l'accroche pour la promotion est une femme en burkini, souriante dans l'eau, accompagnée de deux enfants.
Le burkini pour ceux qui ne le savent pas est le vêtement islamique conçue pour les musulmanes, les recouvrant totalement à l'exception du visage, car nager avec le visage couvert s'est révélé impossible lorsque ce vêtement fût imaginé et testé par les gardiens de l'orthodoxie islamique. En bref, le burkini est à la burqa, ce que le maillot de bain féminin est à la jupe et au corsage de l'occidentale.
On se doute qu'une telle initiative des YMCA venant après l'épisode du givrage des vitres du YMCA de Park-Extension ne passe pas inaperçue. La controverse n'a pas tardé à éclater, elle fait le buzz des media sociaux ainsi que des radios. Madame Michèle Sirois, présidente de PDF (Pour les Droits des Femmes) fut interviewée jeudi le 12 novembre par l'animateur radio bien connu, M. Dutrizac  et exprima son étonnement d'une telle campagne, déclarant "Quelle image d'intégration des femmes musulmanes on transmet aux Québécois et aux Québécoises ? Quelle image de la femme en général : cacher votre corps, car il est provoquant s'il n'est pas couvert ? Et en plus, pourquoi pas une image d'homme qui va au bain libre avec ses enfants ?"
Au-delà du fait divers, que peut bien signifier pour les YMCA cette promotion ?

Trois possibilités me viennent à l'esprit :

  1. Est-ce une simple approche publicitaire ?
  2. Est-ce la promotion d'un message de solidarité avec un groupe social en besoin de protection et de services, dans la ligne de la philosophie traditionnelle des YMCA s'adressant aux couches défavorisées de la société ?
  3. Et enfin, est-ce plutôt un message aux futurs réfugiés syriens devant arriver incessamment suite aux engagements électoraux de Justin Trudeau ?

Quelque chose cloche pourtant dans chacun de ces trois cas de figure

Si c'est une pure accroche publicitaire pour accroître la clientèle, la photo, en se restreignant à une niche très minoritaire raterait son objectif. De plus l'image d'une femme en burkini va provoquer la controverse comme  lorsque l'organisme avait fait givré ses vitres pour plaire aux juifs ultra orthodoxes de Park-Extension
Si c'est un message de solidarité avec un groupe social défavorisé ou ostracisé, pourquoi ce groupe très réduit et sûrement pas le plus prioritaire au Québec en termes de besoins ? Il y a des groupes sociaux en bien plus grande difficulté et plus nombreux : les pauvres, les assistés sociaux, les chômeurs, les mères de famille monoparentales, etc.
Si c'est un message en lien avec les réfugiés, il pose problème, car afficher comme bienvenue une femme en burkini, exprime une adhésion à une vision de la femme en opposition radicale avec une valeur fondatrice du Québec contemporain, à savoir l'égalité Homme/Femme

On doit chercher ailleurs la motivation du YMCA qui ne peut ignorer que cette campagne suscitera inévitablement des remous.

Essai d'explication :
On constate une convergence entre divers acteurs sociaux : dirigeants politiques, élites universitaires, monde des media, monde associatif, regroupements religieux, pour prétendre que le Québec est en proie à une vague d'islamophobie et qu'il convient de lutter contre ça. Entre autres :

  1. Les discours dominants dans les media caractérisant comme islamophobe toute critique de l'islam, comme l'avait fait la journaliste Johanne Faucher dans  l'émission "Enquête" de Radio Canada intitulé "La montée de l'intégrisme. Lever le voile" en novembre 2014
  2. La tenue récente du 29 octobre au 1er novembre à l'INRS-UCS d'un large symposium international [Islamophobie Race-Religion-Libéralisme] organisé par d'éminents professeurs québécois  sur l'islamophobie réunissant tout un aréopage d'universitaires américains, européens et québécois. Les conférenciers principaux étant le professeur Joseph Massad de l'université Columbia et l'inévitable Jacques Frémont le président du CPDPDJ, l'homme qui sera chargé des basses œuvres de la future loi 59. À noter la participation de diverses organisations musulmanes comptant des islamistes notoires.
  3. la volonté du gouvernement Couillard avec le projet de loi 59 de criminaliser officiellement les discours haineux, mais visant en fait à interdire toute critique de l'islam au prétexte que c'est l'islamophobie qui cause ou facilite la radicalisation des jeunes musulmans, incités de ce fait à glisser vers le terrorisme
  4. Le discours de Justin Trudeau, déclarant durant la campagne électorale récente à une musulmane voilée, que le Canada avait été construit par une multitude de cultures et qu'il ferait tout pour que cette femme voilée puisse vivre en totale conformité avec les spécificités de sa culture à elle.
  5. À l'instigation de Françoise David, la cheffe de Québec Solidaire,  l'adoption à l'unanimité par l'Assemble nationale d'une résolution condamnant l'islamophobie au Québec
  6. La campagne d'affichage des burkinis, des YMCA, endossant de fait une pratique qui heurte les sentiments de la majorité de la population québécoise hostile à un différentialisme institutionnalisé entre les femmes et les hommes, et rejetant de ce fait tous les signes vestimentaires marquant l'infériorisation des femmes

Une telle unanimité de points de vue d'une large fraction des élites, indique que la lutte contre l'islamophobie fait aujourd'hui partie du discours dominant. Or on sait très bien que la notion d'islamophobie est une trouvaille dont l'unique objectif est d'empêcher tout regard critique sur l'islam et ses pratiques au Québec, car les faits ne confortent nullement un prétendu racisme et discrimination systématique à l'encontre des musulmans. Qui croirait en effet que les musulmans sont ostracisés alors que le Canada et le Québec comme tous les pays occidentaux les accueillent en grand nombre et à bras ouverts.
Le problème n'est pas là, il n'a jamais été là. Le problème est d'abord celui de la difficulté d'une fraction significative des nouveaux venus à accepter de s'intégrer aux us et coutumes laïques du pays, et ensuite à l'étrange conception des élites à l'effet que le Canada serait un pays hors-sol, construit et habité par un Homme universel, mais dont l'universalité ne serait que l'addition de multiples singularités. Cet Homme universel aurait de plus un penchant particulier pour les victimes, pas nécessairement un penchant égal pour toutes les victimes, certaines moins égales que d'autres. Pour l'heure, il ne faut rien refuser à ceux qui se réclament de l'islam.
Mais la réalité est têtue, l'invitation à pratiquer le burkini par les YMCA n'aidera sûrement pas à l'intégration des femmes musulmanes ni à fortiori à consolider un socle de valeurs communes !


Léon Ouaknine
13 novembre 2015


jeudi 1 octobre 2015

L'ERREUR DE L'OCCIDENT





J'ai toujours pensé que dans notre désir de nous affranchir de l'arrogance suprématiste qui a longtemps caractérisé l'occident dans son rapport contemporain avec les autres cultures, nous allions dans la bonne direction mais en commettant une erreur fatale. Après la deuxième guerre mondiale et ses horreurs raciales, il fallait mettre à terre une fois pour toute le mythe de la supériorité de l'homme blanc et celui de la supériorité du message christique sur les autres religions. C'était la bonne chose à faire et elle fut faite. Si le monde pouvait être perçu comme un rapport entre oppresseurs et victimes, il s'ensuivait la nécessité d'un redressement de la balance éthique tant au sein de l'occident que dans le rapport de celui-ci avec la périphérie de l'époque. Ce fut la charge et l'honneur de la gauche progressiste que d'avoir voulu cette justice élémentaire. Les penseurs, philosophes, écrivains, journalistes élaborèrent de facto un cadre mental où la notion de victime et de réparation des torts devint le creuset conceptuel d'où tout regard sur le monde et toute réflexion devait tirer sa substance. Ce fut le cas pour les luttes ouvrières et pour les démunis requérant une plus grande protection sociale. Moralement, c'était la chose à faire et le combat fut d'autant plus aisé que la guerre froide incitait les classes possédantes à lâcher du leste. Vis-à-vis du monde périphérique devenant de moins en moins périphérique, une étrange chose se produisit. Les autres peuples n'avaient pas la même religion, la même culture, les mêmes valeurs que l'occident; celui-ci trainait la culpabilité d'avoir dominé les autres, alors que cette domination avait reposé sur la supériorité des armes et non sur une prétendue supériorité civilisationnelle. Si par définition aucun système de pensée n'était moralement supérieur aux autres, il s'ensuivait que tous les systèmes de valeurs, toutes les cultures étaient égales puisque tout dépendait de la perspective de l'observateur. Tout était relatif. Vérité en-deçà des Pyrénées, erreur au-delà clamait déjà Pascal. Je prétends que l'erreur, peut-être fatale, de l'occident, fut d'avoir gobé l'idée d'une équivalence des valeurs, d'avoir au plan moral perdu la foi  dans sa vérité, d'avoir accepté que les comportements des immigrés soient jugés à l'aune de leurs propres valeurs et traditions, même lorsque celles-ci étaient barbares et incompatibles avec les fondements de la morale occidentale. Je prétends que les valeurs occidentales issues des Lumières ont une assise éthique universelle parce que confortée par la raison et non issues de traditions hostiles à la souveraineté de l'homme sur lui-même. Lorsqu'on accepte le relativisme moral par peur d'attenter au bien-être spirituel de la supposée "victime", on accepte que des prêches insistent sur la dominance de l'homme sur la femme, on accepte que des femmes prêtent serment en niqab, on accepte que les règles de laïcité soient violées ouvertement ou subrepticement, bref on accepte l'inacceptable. Cette démission est advenue sans que les élites intellectuelles ne réagissent à l'exception de quelques braves, traités de racistes, d'islamophobes et autres jolis noms d'oiseaux.  Ce processus insidieux, Georges Orwell le décrit en avril 1940 à partir d'une cruelle expérience qu'il fit avec une guêpe qui aspirait la confiture de son assiette. Orwell attrapa la guêpe, la coupa en deux; la guêpe continua d'aspirer la confiture, celle-ci  sortant de ses boyaux sans que la guêpe y prête attention. C'est seulement quand la guêpe essaya de s'envoler qu'elle réalisa que quelque chose de terrible lui était arrivé. Orwell ajouta que la même chose était advenue à l'homme moderne, la chose qui avait été coupée chez lui à son insu, était son âme. L'homme avait coupé la branche sur laquelle il s'appuyait, la branche de l'éthique absolue et il était tombée dans un marais boueux, le relativisme des valeurs ! Le danger vient moins de nos ennemis que de nous-mêmes.


Léon Ouaknine
1er octobre 2015



jeudi 17 septembre 2015

LE DÉSIR D'INQUISITION, PAS MORT





Lorsque les représentants de PDF - Pour les Droits des Femmes - (dont votre serviteur) iront défendre en commission parlementaire leur mémoire contre l'inique projet de loi 59 sur les discours haineux, celui-ci aura été tellement démoli par pratiquement l'ensemble de la société civile québécoise à l'exception notable de groupes musulmans, que nous aurons fort à faire pour exciper un peu d'originalité. Ce qui est remarquable dans ce projet de loi n'est pas le navrant spectacle d'une ministre de la justice qui sert juste de porte-valise à Couillard et à Jacques Frémont, le président de la Commission des Droits de la Personne et des Droits de la Jeunesse (CDPDJ); ce qui est navrant, c'est ce que dit la possibilité même de son occurrence sur le Québec. Notre société, on le sait est atteint de la même maladie que le reste de l'occident, la pensée politique est vampirisée par la rectitude politique. Dans le monde naturel, on connait plusieurs exemples de cette subversion intérieure; par exemple, les rats sont parfois infectés par un parasite qui a besoin pour se reproduire de se retrouver dans l'appareil digestif du chat. L'évolution a permis à ce parasite d'agir sur les systèmes d'inhibition du rat, en bloquant chez celui-ci la peur de son ennemi héréditaire, le chat. Lorsqu'il rencontre un chat, ce rat parasité ne fuit pas du tout et bravement trottine vers sa mort, le chat l'avale et le parasite peut enfin se reproduire. Nous sommes comme société dans cette situation. Nous avons été parasités par la rectitude politique, la bien-pensance qui fait que tout ce que réclame un individu ou un groupe identifié comme "victime" est automatiquement perçu comme légitime et dès lors mérite les soins les plus attentifs de la société pour corriger la soi-disante injustice. Le cas de groupes musulmans prétendant continuellement être victimes d'islamophobie du fait que la société parfois sursaute devant leurs exigences d'accommodation en est l'illustration. Maître Jacques Frémont a conclu que c'est le discours islamophobe qui génère la radicalisation islamiste; il nous prend pour des valises et il a raison puisque il obtient ce qu'il demande, un projet liberticide hallucinant. Ce nouveau Torquemada a minutieusement étudié l'inquisition, vu l'arsenal répressif qu'il a concocté. Cela n'a été possible que parce que Couillard a ordonné à Stéphanie Vallée "d'accommoder" les requêtes de groupes musulmans extrémistes; on devra s'interroger sur les raisons de cette bienveillance.


Léon Ouaknine

17 septembre 2015

jeudi 3 septembre 2015

RÉFUGIÉS, FAUX RÉFUGIÉS : PAUVRE EUROPE !







L'immense vague de centaines de milliers de "réfugiés", qui envahit l'Europe est très préoccupante. En fait elle pose un risque existentiel grave pour celle-ci, occulté par le spectacle des souffrances. Tous les commentateurs de bonne volonté somment l'Europe d'ouvrir grand ses frontières, insensibles au fait que plus les portes sont ouvertes plus le flot deviendra gigantesque. Certes il faut sauver les vies, mais l'humanisme larmoyant n'est pas la solution. C'est d'abord l'analyse des faits et de leurs conséquences prévisibles qui doit informer les prises de décisions.

Un article récent du journaliste Alain Mouton de "Trends.be", bien documenté décrit les caractéristiques de cette vague. Tout d'abord, du fait que les réfugiés et faux réfugiés avaient transité par des pays relativement sûrs (Jordanie, Turquie où même Irak)  leur vie n'était plus menacée, sauf par les mafia payées pour les transporter et leur faire franchir les frontières. L'image du petit garçon noyé n'est pas la preuve accablante de combats mortels mais le simple témoignage des risques encourus lorsqu'on transige avec des réseaux criminels. Les pays européens seraient en droit de rediriger les faux réfugiés vers les pays périphériques d'où ils sont partis, qui ne sont pas il faut le rappeler des zones de combats. Cela ne diminue en rien la tragédie des réfugiés et faux réfugiés, ni les maux qu'ils endurent pour atteindre l'Europe ce continent fantasmé, mille fois préféré à des pays comme l'Arabie saoudite ou l'Iran, les deux pôles emblématiques du sunnisme et du chiisme. Alors soyons clairs, si les réfugiés ou plutôt faux réfugiés, puisque ceux-ci constituent le gros des bataillons qui débarquent en Europe, ont un droit absolu à vouloir un meilleur sort pour eux et leurs familles,  pourquoi les pays d'accueil n'auraient-ils pas pareillement le droit et même le devoir impératif de protéger leur culture et modes de vie face à des cultures et des pratiques islamiques offensantes au regard des libertés et si odieuses pour les femmes. Cette peur appréhendée n'est pas hypothétique, elle est vécue depuis des années dans tous les pays occidentaux où se sont installés les adeptes de l'islam.


LE MYTHE DE L'IMMIGRATION NÉCESSAIRE

Ce qui me fatigue particulièrement, c'est que le journaliste répétait un des mantra de la bien-pensance et des divers patronats, à savoir que cet afflux d'immigrés, dont aucun ne repartira jamais était une chance pour l'Europe parce que celle-ci devait compenser son déficit démographique alarmant, répétant ad nauseam  une fausse vérité que les élites intellectuelles et politico-médiatiques martèlent sans cesse contre toute évidence. Penser que la santé économique des pays européens requiert un accroissement constant de main d'œuvre pour d'abord remplacer les départs à la retraite des baby boomers et ensuite assumer les coûts sociaux des retraites ne tient pas la route. Cette hypothèse serait peut-être justifiée si les pays européens ne disposaient pas d'un volant élevé de chômeurs ce qui est malheureusement le cas et si les nouveaux immigrants étaient nettement plus qualifiés que les citoyens chômeurs en place. Or ce n'est pas le cas car les soi-disant "réfugiés" ne sont pas des immigrants "choisis" pour leurs compétences, ce sont des immigrants "subis". Les coûts sociaux requis pour absorber ces immigrants dépassent généralement leurs contributions calculées sur plusieurs décennies. En Allemagne des recherches ont mis en évidence que le premier million de Turcs, arrivés au début des trente glorieuses, a fait venir sa parenté et de fait seul un pourcentage réduit de cette population turque en Allemagne travaille, le reste requérant les filets de sécurité sociale des Landër ou de l'État fédéral germanique.  Calculée sur plusieurs décennies, selon le chercheur Christopher Caldwell, l'immigration turque en Allemagne a occasionné des coûts financiers et sociaux supérieurs aux avantages pour le pays d'accueil.
Si l'illusoire logique d'un remplacement continuel des travailleurs par des immigrés devait prévaloir trop longtemps, il faudrait pour chaque génération faire venir des étrangers pour équilibrer les comptes. C'est évidemment absurde car cela signifierait qu'il faudrait pour chaque pays d'Europe un peuple de remplacement toutes les trois générations vu que c'est le temps qu'il faut pour que le taux de natalité des nouveaux arrivants rejoigne celui du peuple souche. (Emmanuel Todd, 1999).


LE VRAI PROBLÈME EST AILLEURS

Mais là n'est pas le vrai problème, comme le journaliste Alain Mouton le souligne, l'Europe a connu d'énormes vagues d'immigration et a toujours fini par s'ajuster peu importe le coût financier à court et moyen terme et si le passé est gage de l'avenir, cette nouvelle vague s'intègrera comme les précédentes. Hélas cette vue optimiste néglige un détail qui est tout sauf insignifiant; auparavant les nouveaux venus, appartenaient quasi tous à la mouvance judéo-chrétienne. Partageant un socle commun de valeurs essentielles, ces immigrés finissaient par se fondre dans le moule commun, et en deux générations, l'espagnol, l'italien, le polonais, le russe ou le portugais devenait français ou allemand ou anglais. Exception qui confirme la règle, l'importante communauté indo-chinoise installée en France (près de 500.000 personnes) n'est pas judéo-chrétienne mais ses valeurs sont telles que l'intégration de ses membres ne fait aucune vague.
Ce n'est plus le cas aujourd'hui, ceux qui arrivent sont musulmans et leur intégration se fait mal ou pas du tout pour la grande majorité d'entre eux du fait de leur attachement à l'islam. Il faut comprendre également que dans les siècles précédents  lorsque l'immigré s'installait en France ou ailleurs, il était à toute fin pratique totalement coupé de son pays et culture d'origine et bon gré mal gré n'avait d'autre choix que de s'acculturer au milieu ambiant, de prendre pays en prenant femme. Aujourd'hui, avec les satellites, les téléphones, les réseaux sociaux, les voyages rapides au pays d'origine, un immigré est capable physiquement de vivre en Europe et de rester totalement connecté à sa culture d'origine, en veillant même à créer au besoin un cordon sanitaire autour de ses enfants et de ses femmes, au moyen de marqueurs identitaires pour prévenir toute contamination, c'est-à-dire toute véritable intégration. L'immigrant dans sa communauté veut, en bon économiste, le beurre et l'argent du beurre, la sécurité économique sans contrepartie d'acculturation. Lors d'un récent sondage au Canada, 42% des musulmans interrogés reconnaissaient sans ambages que leur foi était incompatible avec la culture du pays, judéo-chrétienne comme en Europe. 42% est un chiffre ahurissant car on peut imaginer que nombre de sondés musulmans n'ont pas voulu livrer leur vraie position. C'est ce dur clivage qui est inquiétant car il signale peut-être des cassures irrémédiable à venir dans le tissu sociétal de chaque pays occidental qui refuse de considérer les conséquences d'une politique d'immigration non réfléchie, parce que aborder ouvertement le problème serait considéré comme un geste raciste. Et pourtant, durant les 60 dernières années, il n'y a pas un seul pays occidental qui n'ait connu des problèmes de terrorisme islamiste ou des revendications visant à reconfigurer la société d'accueil pour que celle-ci se conforme à leur identité musulmane et non l'inverse. Le journal électronique Al Monitor rapporte que lors du plus récent enregistrement de Baghdadi, celui-ci s'est référé au coran pour déclarer "Dear Muslims, Islam was never a religion of peace. Islam is a religion of combat." (Al Monitor, sept 1er 2015). Pour ceux qui pensent que l'état islamique est une aberration temporaire, rappelons ce que disait Joumana Haddad, écrivaine libanaise, auteure du livre J'ai tué Shéhérazade. Confessions d'une femme arabe en colère, (Sinbad 2010), "Ce sont les modérés dans le monde arabe qui constituent l'exception et non l'inverse. La majorité des arabes aujourd'hui souffrent de l'esclavage religieux".  Faut-il de nouveau souligner que les éléments subjectifs d'auto identification chez la plupart des musulmans sont fortement structurés autour de leurs textes sacrés, le coran et les hadits et que ceux-ci rappellent incessamment la prétendue supériorité ontologique du musulman sur le koufar (non musulman, mécréant, etc.).
Michel Houellebecq a touché un nerf lorsqu'il a correctement diagnostiqué comme d'ailleurs Michel Onfray que le vrai danger sociétal n'est pas la nuisance terroriste, c'est plutôt qu'elle conforte cette étrange pulsion dans tant de pays européens vers la soumission, pulsion qui n'est autre au fond qu'un désir de mort, inévitable lorsqu'on ne croit plus en soi.


TRAGÉDIE HUMAINE ET RISQUE EXISTENTIEL, TOUT VA TRÈS BIEN MADAME LA MARQUISE

La solution est simple mais inapplicable en Europe car celle- ci est paralysée par un ensemble de loi et règlements découlant des conventions de Genève et surtout rendue impuissante par la folie des bien-pensants. Le djihâd islamiste table résolument sur ce délitement de l'occident. Ce n'est même pas un secret, Erdogan le premier ministre islamiste de Turquie l'avait écrit en parlant des soldats de l'islam, que le ventre de leurs femmes allaient produire, et des mosquées qui leur serviraient de baïonnettes. Kadhafi avait claironné en conférence de presse "l'Europe tombera comme un fruit mûr sans qu'on ait besoin de tirer un coup de canon". Vienne fut assiégée deux fois par les turcs et il s'en fallut de peu qu'une autre partie de l'Europe succomba.
Aujourd'hui l'invasion est facile, contrairement à l'Australie qui n'a pas cédé, l'Europe s'est couchée.
Je ne suis pas sûr que le Québec, miné par l'idéologie multiculturaliste, aux prises avec des dangers similaires ait la même épine dorsale que l'Australie, qui elle déporte automatiquement les faux réfugiés vers la Papouasie-Nouvelle Guinée, ce qui a considérablement ralenti l'arrivée des faux réfugiés.

vendredi 24 avril 2015

PEUT-ON CRITIQUER L'ISLAM SANS ÊTRE ACCUSÉ D'ÊTRE UN RACISTE ISLAMOPHOBE ?




Plantu, le caricaturiste fétiche du journal Le Monde a produit un tableau qui résume le dilemme de l'honnête homme d'aujourd'hui. Après avoir dessiné une quinzaine de vignettes éclairant l'éventail des crimes commis au nom de l'islam au cours des dernières décennies, tant dans les pays sous son contrôle que dans les pays occidentaux où il s'installe, Plantu termine par la capsule "Pas de conclusions hâtives". Voilà où nous a mené en occident la dictature du politiquement correcte, portée principalement par la gauche compassionnelle.  Camus disait déjà "Mal nommer les choses c'est ajouter au malheur du monde", il faut donc parler cru comme un certain nombre de mécréants mal pensants tels Michel Onfray, Ayan Hirsi, Sultan Wafa, Christopher Hitchens, Sam Harris, Bill Maher le font avec courage malgré les menaces des fous d'Allah et affirmer avec force que l'islam n'est pas une religion de paix, les versets les plus violents, généralement les plus récents abrogeant les plus pacifiques. Si la haine du musulman comme personne ou comme communauté est une abomination qui doit être combattue avec force, l'islamophobie est, elle, un sentiment compréhensible face à la terreur.  Je veux brièvement expliquer pourquoi j'en suis arrivé à cette conclusion.

L'islamophobie, un savant piège à con

Deux sondages[1] réalisés pour le compte de l'Association des études canadiennes en 2013 et 2014 ont révélé une réalité époustouflante, "42% des Canadiens de confession musulmane interrogés conviennent que l’islam est inconciliable avec la société occidentale, et a fortiori n’est absolument pas soluble avec leur monde environnant". Ce constat, de la part des musulmans, il faut le souligner, est d'autant plus inouï que le Canada a fait du multiculturalisme le cadre de référence de son vivre-ensemble, un pays incroyablement respectueux de la culture de l'autre, au point de mutiler la sienne pour accommoder l'autre.

Alors ce constat, est-il le fait d'un environnement islamophobe ou est-ce le fait de la nature même de l'islam? En d'autres termes, l'islamophobie est-elle, comme nombre d'intellectuels le prétendent, une pure pathologie raciste ou au contraire une peur rationnelle donc légitime vis-à-vis des doctrines et des pratiques de l'islam?
On crédite Tarik Ramadan[2], petit-fils du fondateur des frères musulmans, Hassan El-Bana, d'avoir sinon inventé le terme "islamophobie" du moins de l'avoir réduit à sa présente signification de disposition moralement répugnante à l'encontre du musulman. D'autres soupçonnent plutôt le grand Ayatollah Khomeiny d'en être le vrai concepteur. Mais peu importe que l'un fut le vrai père, et l'autre le père putatif,   l'objectif  de ce néologisme est clair: assigner à toute critique de l'islam un seul statut possible, celui d'un discours raciste spécifique, à l'image de l'antisémitisme. Or en procédant ainsi, Khomeiny, Tarik Ramadan et confrères, font du musulman et de sa religion, l'avers et le revers d'une même pièce - une évidence pour l'islam, mais pas du point de vue des droits de l'homme, puisque celui-ci a le droit inaliénable d'abandonner quand il le veut sa religion s'il en a une. Ils accolent ainsi aux multiples cultures des musulmans une essence religieuse immuable. Rien ne peut être plus racialiste. Par un tour de passepasse très créatif, le prétendu anti-islamophobe agit comme un raciste lorsqu'il présente toute critique de l'islam comme exemple de discours haineux.
Trouvaille géniale, l'accusation d'islamophobie fut immédiatement transformée en imprécation fétiche par les gardiens de la bienpensance, l'immense vague des intellectuels aspirant à la sainteté. Représentant exemplaire de celle-ci, Aymeric Caron, un des deux commentateurs de l'émission "On n'est pas couché" a carrément accusé le philosophe Michel Onfray de pensée zémourienne, c'est-à-dire de racisme islamophobe. Aucune personne sensée ne peut accuser Onfray d'être un raciste; tous ses actes, tous ses écrits prouvent quotidiennement le contraire, c'est un antiraciste patenté et pourtant, au grand dam des bienpensants, il a fini comme beaucoup d'autres gens par additionner 2 + 2 et a conclu que ça faisait bien 4. Si constater les faits, c'est être un raciste islamophobe, alors il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark.
Avec ce gros mot d'islamophobie en poche, le recteur de la grande mosquée de Paris, l'ineffable Dalil Boubaker (qui demanda sans rire une suspension de 10 à 20 ans de la loi de 1905 instituant la laïcité française) a pu qualifier de racistes les caricaturistes de Charlie-Hebdo et les poursuivre de procès en procès jusqu'au jugement final de la cour européenne des droits de l'homme, qui le débouta. C'est probablement aussi à l'accusation d'islamophobie comme essence du discours haineux que Haroun Bouazzi, un leader musulman soit disant soucieux de laïcité au Québec,  pense, lorsqu'il nous promet sous peu un "djihad juridique" contre toute critique de l'islam. Lorsqu'on mesure ce que le mot jihad véhicule concrètement aujourd'hui dans la sensibilité des gens, on est en droit de se demander si les discours de ces deux éminents représentants de l'islam, ne sont pas des incitations délibérées à la peur pour bloquer la libre critique des idées. On sait ce que furent les conséquences de tels gestes,  l'impression par les fiers à bras de l'islam qu'ils pouvaient en conscience assassiner ou menacer de mort ceux que les leaders désignaient comme islamophobes, les Charlie-Hebdo, le professeur Robert Redeker[3] et bien d'autres.
Les propagandistes de l'islam ont l'avantage incroyable que presque tout le travail de sape des esprits a été pris en charge par les idiots utiles du fascisme islamique, ceux qui se présentent comme les anti-islamophobes (oui l'islamisme est un fascisme puisque son ultime ambition est de soumettre le monde entier, que celui-ci le veuille ou pas, à l'islam. C'est la mort de l'esprit, d'abord par l'élimination physique de ceux qui le contestent et ensuite par l'extinction de l'idée même d'un homme autonome dans sa pensée). Je pense entre autres au président Jacques Frémont de la CDPJ (Commission des Droits de la Personne et de la Jeunesse), qui espère grâce aux amendements qu'il entend déposer contre les discours haineux, criminaliser toute expression islamophobe[4], autrement dit museler le droit d'être critique vis-à-vis de l'islam comme religion et comme cultures. Ces gens essaient de faire juridiquement au Québec ce que les assassins de Charlie-Hebdo ont fait avec les armes à Paris.
Ces idiots utiles, nonobstant leur intelligence personnelle,  présentent le musulman comme un très grand blessé de l'Histoire, requérant la protection et les soins les plus attentifs devant la méchanceté de l'occident. Qu'importe le nombre d'attentats islamiques partout dans le monde, les anti-islamophobes crient immédiatement à l'amalgame entre l'islam, religion de paix, et quelques psychopathes n'ayant rien à voir avec le vrai islam. Johanne Faucher, journaliste et productrice du programme Enquête de Radio Canada, produisit en novembre 2014 un épisode "La montée de l'intégrisme. Lever le voile"où elle conclut que "après des mois d’enquête, nous n’avons pas trouvé de groupes intégristes organisés qui auraient comme objectif secret de détruire la démocratie et ses valeurs". Quelques jours plus tard, deux assassinats furent perpétrés au Québec et à Ottawa par des convertis à l'islam.

Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde (Camus)

L'islam, religion de paix ? Manque de chance, plusieurs musulmans excédés devant les horreurs terroristes commencent à parler. Entre autres la propre recherchiste de Johanne Faucher, Nadia Zouaoui, "La radicalisation, elle est très insidieuse. Elle ne se fait pas juste ‘Oui, on va devenir salafistes’, ‘On va faire le jihad’. Mais, il y a toute cette manipulation, cette victimisation qui fait que la personne va après se tourner vers une radicalisation." (Poste de veille, décembre 2014). A New York, l'imam Tareq Youssef Al-Masri de la mosquée Oulele-Abab de Brooklyn, déclara "Nous devons reconnaître sans nous mentir que nous, musulmans, sommes des bombes à retardement (time bombs). Quand je dis nous les musulmans, je ne dis pas , chaque musulman, mais les musulmans sous influence religieuse sont des bombes à retardement…. Si vous avez un cancer, ça ne vous aidera pas si je vous dis que avez la grippe. Je dois vous dire clairement que vous avez un cancer… La majorité d'entre nous, musulmans, haïssons les chrétiens…(Middle East Media Research Institute, 9 janvier 2014). Le philosophe Abdenour Bidar a publié le 15 janvier 2014 dans le Huffington Post une lettre ouverte au monde musulman; il déclare entre autres " Les racines de ce mal qui te vole aujourd'hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre, le cancer est dans ton propre corps..". Un écrivain algérien, Mohamed Kacimi note avec amertume "Il suffit d'une caricature ou d'un propos malheureux du pape sur le Prophète pour faire descendre des millions de personnes dans la rue, prêtes à mourir…  La rue arabe n'existe pas, mais la rue de l'islam, la rue de Dieu, elle, existe, à travers la oumma virtuelle du Web. Et ces hommes ne se sacrifient pas pour défendre leur vie, mais pour défendre leur mythologie… Quiconque dit à la communauté, non pas ses rêves et ses fantasmes, mais ses vérités est taxé ipso facto de mécréant et de traître". Un autre écrivain algérien, Kamel Daoud, Prix Goncourt de la nouvelle, fut récemment l'objet d'une fatwa appelant le gouvernement à l'exécuter publiquement, suite à son intervention dans l'émission "On n'est pas couché" où il critiqua le rapport des musulmans avec leur religion. Face à Laurent Ruquier, l'auteur déclara: "On ne peut pas à la fois critiquer le monde parce qu’il nous rejette alors que nous-mêmes nous rejetons le monde". Même le président égyptien, le général Abdel Fattah Al-Sissi requiert en décembre 2014 une révision des prêches religieux pour combattre l'appel constant à la haine de l'autre et à la violence. "(…) Il est impossible que la pensée que nous tenons pour la plus sacrée puisse faire de l’entière communauté des croyants une source d’anxiété, de danger, de meurtre et de destruction pour le reste du monde (…) Est-il concevable que 1,6 milliards de personnes puissent penser qu’elles doivent tuer les autres membres de l’humanité, qui compte sept milliards de personnes aux fins de pouvoir vivre ?… Je dis ces mots ici à Al Azhar, devant cette assemblée d’ulémas (…) Tout ce que je vous dis, vous ne pouvez pas le comprendre si vous restez coincés dans cet état d’esprit. Vous devez sortir de ce que vous êtes pour être en mesure d’observer et de réfléchir dans une perspective plus éclairée. Je dis et répète que nous sommes face au besoin d’une révolution religieuse. Vous, les imams, êtes responsable devant Dieu. Le monde entier, je le répète, le monde entier attend votre prochain mouvement (…) car la communauté des croyants est ravagée, détruite ; elle est perdue, et elle l’est à cause de nous" .
Ces musulmans sont-ils des racistes anti-musulmans, des islamophobes ?    

L'islamophobie est une réaction de peur, parfaitement compréhensible et légitime, si elle s'oppose en même temps à toute haine du musulman, des communautés musulmanes et des peuples musulmans.

Le terme islamophobie devrait être aujourd'hui banni, car on voit bien en le déconstruisant ce pourquoi il fut fait. Hélas il est entré dans le langage courant et on ne peut plus le déloger. Toutefois, la seule signification légitime qu'on doit lui donner, c'est celle qui touche au rejet de l'islam et de l'idéologie islamiste et aucunement je le répète au rejet du musulman en tant que personne ou comme groupe de personnes. 
Mais au-delà d'une religion incapable d'accepter l'altérité de l'autre, qui récuse absolument la grande règle d'or de l'humanité, "Ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse", d'une religion antagonique aux proclamations de la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948,  niant  totalement la souveraineté de l'homme sur lui-même, réduisant la femme à un statut de sous-être, appelant chaque vendredi dans toutes les mosquées du monde lors de la prière commune à la victoire de l'islam sur tous les non musulmans (Qawm al-Kafiroon), bref au-delà de toutes ces dimensions intolérables, j'ai personnellement une raison supplémentaire d'avoir la phobie de l'islam. Je suis Juif athée, profondément allergique à toute religion, j'ai même écrit un livre "Il n'y a jamais eu d'abonné au N° (dieu) que vous avez appelé" pour montrer tous les malheurs que les religions infligent à l'humanité. L'Histoire étant toutefois une tragique suite de rendez-vous à Samarra[5], je reste par choix Juif au plan de l'identité, partageant une communauté de destin avec les autres Juifs. Or le coran est la source vive du déferlement antisémite continuel dans les sermons des mosquées où de façon routinière on y traite les Juifs de fils de porcs, de singe et de pas mal d'autres choses. Dans le monde musulman, il n'y eut jamais de période rose pour les Juifs bien qu'il y eut moins de pogroms qu'en Europe. Les Juifs  pouvaient vivre en terre d'islam mais en tant que dhimi, un protégé devant payer des taxes spéciales et être soumis à des mesures expressément avilissantes (pacte d'Umar). C'était ça, partir, se convertir ou mourir. Chaque jour n'était pas sombre, mais la vie du Juif était par définition précaire, incertaine. Aujourd'hui il n'y a plus de dhimitude, la quasi totalité des Juifs ayant fuit le monde musulman, mais que font les fous d'Allah, ils assassinent beaucoup de gens mais les Juifs sont les seuls à être assassinés partout sur la planète parce qu'ils sont Juifs. En FranceAmedy Coulibaly procédera à la tuerie de l'hyper-cachère, Mohamed Mérah  tuera des enfants juifs dans une école, Yousouf Fofana (le groupe des barbares) kidnappera, torturera et exécutera Ilan Halimi un jeune Juif, Hassan Diab organisera l'attentat contre une synagogue rue Copernic; il immigrera ensuite au Canada et œuvrera comme professeur de sociologie, tranquille pendant des années, etc. En Belgique Mehdi Nemmouche qui après avoir torturé des otages français en Syrie, reviendra tuer des Juifs dans le musée juif de Belgique à Bruxelles. Au Danemark, deux Juifs assassinés dans une synagogue. En Argentine, attentat contre l'Association juive de Buenos-Aires, plus de 90 morts. En Inde, à Bombay à l'occasion de l'attentat contre un très grand hôtel, les terroristes pakistanais font un détour pour détruire le centre juif lubavitch et torturer le rabbin et sa famille, alors que ceux-ci n'ont rien à voir avec la rivalité endémique entre le Pakistan et l'Inde. La liste pourrait s'allonger sans fin mais je m'arrête là. Comment ne pas être révolté? Comment réagir face à cet antisémitisme délirant qui a vu une foule de musulmans manifester dans certains quartiers de Paris aux cris de "Mort aux Juifs", alors que ces mêmes foules se contentaient auparavant de simplement hurler "Israël/SS, mort à Israël". De la volonté d'annihiler Israël, on passe sans problème au désir d'éradiquer les Juifs. Kamel Daoud, dans une de ses chroniques (12 mai 2015) déclare "C’est le binaire Hallal/Haram. La «croisadisation» de l’occident «antimusulman» et l’obsession juive vue partout, surtout, dans tout". La haine se conjugue à une jalousie morbide à l'égard de celui dont le statut en terre d'islam ne peut jamais être celui d'un égal.
Comment ne pas être effrayé ? En autant que je sache, avoir peur de l'islam et de la barbarie de ses pratiques n'est pas encore un délit. Pour la plupart des observateurs, la grande majorité des populations musulmanes, tant en Europe qu'au Canada et au Québec en particulier, pratique un islam relativement respectueux de la laïcité de facto de ces sociétés. Comment expliquer alors ces vagues d'attentats terroristes commis par des musulmans dans pratiquement tous les pays occidentaux, si ce n'est sous l'effet d'une même force agissante quel que soit le pays ?  Or depuis les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, il existe bien une force agissante qui tend à transformer des musulmans laïques en pratiquants, certains pratiquants en fondamentalistes, certains fondamentalistes en djihadistes et certains djihadistes en terroristes. Cette force c'est le financement par l'Arabie saoudite et les pétromonarchies de milliers de mosquées et d'écoles coraniques en occident porteuses d'une vision wahhabite de l'islam, le salafisme. Bien évidemment, il n’y a pas de chaine d’automaticité qui ferait de tout musulman laïque un terroriste potentiel au terme de cette évolution[6], mais si on estime qu'il y a un minimum de 10% de sympathisants islamistes dans toutes les communautés musulmanes, alors il y a un vrai problème et refuser de l'aborder n'est pas une marque de respect vis-à-vis du musulman, c'est au mieux de la couardise, au pire du racisme sous couleur d'antiracisme. Les bonnes âmes, je pense entre autres à Emmanuel Todd et Edwin Plenel, deux représentants notoires de la gauche compassionnelle[7], récusent l'amalgame entre islam et islamiste et affirment avec force que ce sont deux phénomènes totalement distincts et même opposés. Les faits contredisent leurs assertions. S'il y a une différence, c'en est une de degré et non pas de nature. La haine de qui n'est pas lui est l'essence de l'islamisme et cette haine du Juif, du chrétien, de l'infidèle, du mécréant du kâfir, ce mot arabe méprisant qui les englobe tous, sourd par mille affirmations de ce qui fonde l'islam, le coran, les hadiths, la sirâ! Le combat que l'éthique nous impose de mener, c'est de toujours distinguer entre le musulman comme personne et l'islam comme système idéologique. Qu'attendre de l'avenir ? Quelques recherches montrent que le degré de sympathie des musulmans vis-à-vis des terroristes est corrélé avec le niveau d'intensité de la foi; plus on est croyant et attentif aux textes sacrés, plus on adhère à ce qu'on appelle l'islamisme[8], sans nécessairement passer à l'acte, mais on sympathise avec les assassins. Quelqu'un a dit qu'il n'y a pas d'islam modéré, mais au mieux des musulmans modérément religieux. Hélas, est-il besoin de rappeler que ce sont toujours de petites minorités d'activistes qui modèlent le destin des peuples et que loin de diminuer, la pratique religieuse chez les musulmans s'accroît régulièrement. 

L'islam ne changera réellement que lorsqu'il expurgera de ses textes les incessants appels à la haine de qui n'est pas musulman. Comme le dit le théologien musulman Ghaleb Bencheikh, c'est un des trois chantiers titanesques requis pour une réforme humaniste de l'islam. Je ne crois pas un seul instant que c'est pour bientôt !


Léon Ouaknine
23 avril 2015 / 11 août 2015




[1] (http://www.breitbart.com/national-security/2015/04/14/poll-42-of-canadian-muslims-think-islam-the-west-dont-mesh/).

[2] Brillant intellectuel arabe de nationalité suisse devenu depuis des lustres un des porte-parole de l'islam européen. Caroline Fourest, journaliste à Charlie-Hebdo et professeur à Science-po Paris a écrit un livre "Frère Tarik" pour révéler la duplicité de ce personnage. Alors qu'il se trouvait en janvier 2015 au Qatar, Tarik Ramadan a également avancé l''idée que les assassinats de "Charlie-Hebdo" relèvent d'un complot ourdi par des islamophobes et a qualifié deux des dessinateurs assassinés de "lâches". C'est encore ce même Tarik Ramadan qui a dit éprouver un "profond respect" pour le cheik Yousouf Qaradawi, président du conseil européen pour la recherche et la fatwa lequel déclara à Al-Jazeira en 2009, (news#from=embed&start=169) "Tout au long de l’histoire, Allah a imposé aux [Juifs] des personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler. Avec tout ce qu’il leur a fait – et bien qu’ils [les Juifs] aient exagéré les faits -, il a réussi à les remettre à leur place. C’était un châtiment divin. Si Allah veut, la prochaine fois, ce sera par la main des musulmans. En conclusion, j’aimerai dire que la seule chose que j’espère, au crépuscule de ma vie, c’est que Allah me donne l’opportunité d’aller au pays du jihad et de la résistance, ceci même sur un fauteuil roulant. Je tuerai les ennemis d’Allah, les Juifs".

[3] Professeur français de philosophie. Suite à un article dans le journal Le Figaro où il soulignait la violence inhérente au texte coranique, il fut menacé de mort par les islamistes à l'instigation de Yousouf Quaradawi et fut mis sous protection policière permanente.

[4] Il fut interviewé en décembre 2014 à Radio Canada et fit même référence aux positions de la commission des droits de l'homme de l'ONU qui sous la pression des états musulmans recommande de classer la critique des religions comme "discours haineux".

[5] Appointment in Samarra, (Rendez-vous à Samarra, 1934) titre d'un célèbre roman de John O'Hara, un écrivain américain, ami d'Hemingway, inspiré du conte suivant, soulignant l'inexorabilité du destin, originellement du Talmud de Babylone. Un jeune homme vivant à Ispahan était serviteur chez un riche marchandCelui-ci lui ordonna un matin de faire des courses. Le jeune homme partit très tôt à cheval. Arrivé sur la place du marché, il vit une femme en qui il reconnût la Mort, qui sursauta en le voyant et lui fit signe d'approcher. Terrorisé, le jeune homme s'enfuit et galopa toute la journée jusqu'à Samarra, très loin d'Ispahan. Il loua une chambre dans une auberge et s'écroula sur le lit épuisé, sale mais soulagé parce qu'il croyait avoir dupé la Mort. À minuit, on frappa à la porte de sa chambre et c'était la Mort, souriant aimablement. "Comment se fait-il que vous soyez ici, demanda le jeune homme tremblant; ce matin, je vous ai vue sur la place du marché d'Ispahan, me menacer". La Mort répondit : "Ce n'était pas une menace, je savais que je devais te rencontrer comme il est écrit, mais en te voyant à Ispahan, j'ai été surprise. J'ai voulu te parler pour te dire qu'on allait se voir cette nuit, mais tu es parti en courant directement vers notre lieu de rendez-vous à Samarra. 

[6] http://www.causeur.fr/charlie-hebdo-emmanuel-todd-islamophobie-32671.html

[7] Edwin Plenel : Pour les musulmans, où il compare la situation des musulmans aujourd'hui en France à celle des Juifs dans les années 30; comparaison démente que l'académicien Alain Finkielkraut a justement dénoncé, et Emmanuel Todd, un démographe brillant qui osa dans son dernier livre Qui est Charlie, affirmer que les 4 millions de manifestants lors des marches du 11 janvier en France suite à la tuerie des journalistes de Charlie-hebdo, étaient islamophobes, sans savoir qu'ils l'étaient. Bravo pour un tel niveau d'objectivité !

[8] On estime qu'entre 5 à 10% des musulmans en occident (pourcentage variable, en Autriche les services de sécurité estiment que plus de 50% des musulmans de ce pays sont en voie de radicalisation) sont des supporters des mouvements djihadistes, Al-Qaïda et l'état islamique. En France, dans certaines villes, de 80 à 90% des jeunes écoliers musulmans (primaire, collège et lycée) refusèrent de s'associer à la minute de silence organisée suite aux assassinats des journalistes de Charlie-Hebdo.