mardi 26 janvier 2016

LES BIEN-PENSANTS, LES ÉTATS MUSULMANS ET LES ROHINGYAS



Les Rohingya, musulmans vivant au Myanmar, sont un peuple persécuté, peut-être le plus persécuté du monde selon de nombreuses sources (Le Monde, Human Rights Watch, Commission européenne, Yale University).  On estime leur nombre entre 800.000 et 1,3 million vivant dans la province de Rakhine (Arakan) située sur la côte occidentale de Myanmar.  Le conflit entre cette minorité musulmane et la majorité bouddhiste est de nature ethnique et religieuse.
Les autorités du Myanmar refusent de reconnaitre aux Rohingya, le statut de composante ethnique de ce pays; elles les ont même déchu de leur nationalité en 1982, et depuis, les Rohingyas se retrouvent apatrides. Des violences inter-ethniques éclatèrent en 2012 et entrainèrent la fuite de centaines de milliers de Rohingyas, la plupart des réfugiés se heurtant aux portes closes de l'Australie ou des pays musulmans de l'Asie du sud-est, le Bengladesh notamment, dont ils étaient pourtant originaires. Beaucoup finissent par tomber en quasi esclavage aux mains de mafia diverses.
La situation actuelle des Rohingyas est désespérée, ceux-ci, dépourvus de citoyenneté sont placés sous administration militaire, leurs demeures incendiées, confinés dans de véritables camps de concentration, et survivent difficilement à ce que l'organisation Human Wright Watch a qualifié en 2013, de véritable nettoyage ethnique prémédité. Les conventions internationales interdisent pourtant aux États de rendre quelqu'un apatride, et évidemment proscrivent le nettoyage ethnique.
Devant un sort aussi monstrueux, on s'attendrait à ce que deux groupes bien spécifiques en fassent une cause célèbre, une cause sacrée; les musulmans et évidemment la bien-pensance occidentale. Or si ça et là des voix se sont élevées, elles restent clairsemées, presque inaudibles.
Il semble que ces deux groupes aient mieux à faire que de sauver ces malheureux !
Les principaux États musulmans d'Asie du Sud-Est (non arabe) ne pipent mot, le Bangladesh ne veut rien savoir de ces persécutés et ne mène aucune croisade en leur nom, le Pakistan affiche son indifférence; et, récemment, dans un jeu de ping-pong stupéfiant, la Thaïlande, la Malaisie et l'Indonésie, le plus grand pays musulman du monde, ont repoussé tour à tour les bateaux de réfugiés avant que la pression internationale, au bout de plusieurs semaines, ne décide enfin ces pays à accueillir provisoirement 4600 "boat people" (TV5 Monde juillet 2015).
Quant aux pays arabo-musulman, ils parlent d'une voix stridente dans les instances internationales pour masquer l'absence de toute action significative, alors qu'ils pourraient tant faire, en ouvrant leurs portes comme l'Allemagne l'a fait pour plus d'un million d'arabes en moins d'un an. D'aucuns se seraient attendus à ce que le gardien auto-proclamé des intérêts  des musulmans dans le monde, l'Arabie saoudite, qui préside de plus un important comité de la commission des droits de l'homme de l'ONU, fasse des pieds et des mains pour ces persécutés. Hors quelques discours, l'Arabie n'a consenti qu'un piètre 50 millions de dollars d'aide, mais n'a pas offert d'accueillir un seul réfugié musulman Rohingya sur son sol. (Ajib.fr 13 août 2012). Et l'Iran, et la Turquie? Quelques discours ici et là, à teneur anti-occidental évidemment, quelques aides minables mais aucun engagement puissant pour ces damnés de la terre. Et qu'en est-il du  tribun du monde arabe, Tarik Ramadan, celui qui s'inquiète d'une laïcité française si dure pour les musulmans, celui qui déclare "Je ne suis ni Charlie, ni Paris, mais je suis perquisitionnable". Et bien, Tarik Ramadan s'adresse au monde mais pas pour fustiger le Qatar et autres pétromonarchies devant leur refus d'ouvrir leurs portes aux Rohingyas désespérés . Apparemment, le sauvetage des Rohingyas c'est la responsabilité du monde (occidental), les pétromonarchies, elles, ont un devoir bien plus urgent, financer les milliers d'imans salafistes qui œuvrent en occident.   

Et la gauche bienpensante ? Celle qui pleure sans cesse sur l'islamophobie délétère de la société que ce soit en France, au Québec ou dans tous les pays occidentaux, cette gauche se déchaine-t-elle contre les pays musulmans qui ferment hermétiquement leurs portes à leurs frères en religion, les Rohingyas. Poser la question c'est y répondre. La gauche bien-pensante est trop occupée à pleurer sur les grands malheurs des musulmans, privés de la charia en terre occidentale, pour s'inquiéter des Rohingyas en danger de mort dans un pays qui n'est pas occidental.

lundi 18 janvier 2016

QUE SE PASSE-T-IL DANS LA TÊTE DE NOTRE PREMIER MINISTRE JUSTIN TRUDEAU


Le 17 janvier 2016, Justin Trudeau décida malgré le malheur qui frappait ses compatriotes à l'étranger d'aller inaugurer une mosquée à Peterborough et accessoirement en profita pour exprimer ces condoléances aux 7 canadiens assassinés le 15 janvier au Burkina Faso.
Il aurait pu aller réconforter les familles des victimes au Québec; Un chef d'État a aussi la responsabilité symbolique d'incarner la solidarité de la Nation dans ces moments d'épreuve. Il a préféré aller en Ontario à Peterborough dans une mosquée. Outre son incroyable manque d'empathie et manifestement de sens politique, ce qui m'effare, c'est d'abord qu'il ait choisi une mosquée pour livrer son discours, alors que les victimes n'étaient pas musulmanes, et ensuite pas n'importe quelle mosquée, une mosquée dont l'iman est connu pour ses prêches salafistes, un iman qui déclare qu'Allah a voulu que le but de la femme sur terre soit de satisfaire son mari, un iman qui se réfère au maître à penser de l'islam extrême, Sayyid Qutb. 
Pour mémoire, voici un bref extrait de la vision de Qutb. (Roger Pol Droit, Le Point, 17 janvier 2007)
"Le peuple de Dieu (les vrais musulmans) s'oppose aux juifs et aux chrétiens, qui tentent, depuis toujours et sans succès, de les anéantir. « Depuis les premiers jours de l'islam, écrit Qutb, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs. » Les quelques passages du Coran qui incitent au pardon et à la tolérance envers les juifs, Qutb conseille de ne pas les mettre en valeur : «En vérité, ce sont des juifs qui soutiennent la plupart des théories maléfiques visant à détruire toutes les valeurs et tout ce qui est sacré pour l'humanité.» Le totalitarisme théologique de Qutb projette une guerre de très longue durée, menée au nom de Dieu contre les impies, y compris, éventuellement, les oulémas eux-­mêmes. Toute laïcité est jugée criminelle. Toute « liberté de non ­croyance en Dieu » est refusée. Toute coexistence religieuse est inconcevable, sauf tactique temporaire. L'islam doit s'assurer le leadership total sur l'humanité ­ «son objectif est la terre entière», souligne Qutb".
Il est impossible que Trudeau, entouré de tous ses conseillers musulmans, ait pu ignorer les orientations salafistes de cette mosquée; il choisit pourtant de s'y produire. Pour essayer de faire sens des actions de notre Premier Ministre, je ne peux m'empêcher de relier celles-ci à la philosophie de son père; j'y vois une évidente filiation idéologique, bien que je doute que le fils ait la même finesse intellectuelle et encore moins le sens politique que le père. 
Pierre Eliott Trudeau, qui enchâssa le multiculturalisme au Canada, avait de fortes convictions, dont certaines avec lesquelles j'étais en désaccord, mais c'étaient des convictions raisonnées. Il se méfiait du nationalisme, et en même temps ne supportait pas l'idée d'une nation canadienne amputée d'une de ses plus importantes parties, le Québec. Il savait qu'une identité canadienne reposant essentiellement sur les piliers francophones et anglophone, ne serait jamais qu'un ersatz d'identité, une identité qui n'aurait jamais la force de celle de la France, de l'Angleterre ou des Etats-Unis. Ne pouvant bâtir un Canada unitaire, basé sur une hypothétique fraternité des peuples puisqu'un des peuples fondateurs du pays avait été écrasé et conquis par l'autre, il choisit comme futur socle identitaire, une construction juridique, la charte des droits et libertés, qui devint la Terra firma de la constitution canadienne. Le fondement du lien social ne reposerait plus sur la longue sédimentation historique mais sur un acte de pure volonté. 
Ce geste prométhéen échoua à refonder une forte identité commune a mari usque ad mare, mais fut l'une des plus extraordinaires tentatives de réingénierie sociétale contemporaines que l'on connaisse, entraînant une immense cascade de conséquences. Mais au final un constat, contrairement à l'espoir que la charte des droits promouvrait une vision universaliste du Canada, on aboutit exactement à l'inverse, la multiplication des différentialismes, la mort de valeurs communes et d'une culture partagée, menant à l'éclosion des îlots communautaristes, expression décérébrée de la diversité comme valeur suprême, en un mot à un pays "tour de Babel".
Tout est maintenant interprété au Canada et conséquemment au Québec, à l'aune de la charte des droits et libertés, ce qui garantit qu'à terme, l'idée d'une collectivité québécoise, enracinée dans son histoire et fidèle à ses sensibilités propres, est fortement compromise face au déferlement des communautarismes, principalement musulmans.
Et, c'est cette vision d'un Canada éclaté, que le récent geste de Justin Trudeau, allant déplorer dans une mosquée intégriste l'assassinat de 7 canadiens au Burkina Faso, conforte. (voir articles de Daniel Laprès et celui de Jonathan D. Halevi)
Pourquoi, Justin Trudeau procède-t-il ainsi ?
J'ai choisi ici un modèle explicatif simplifié pour tenter d'en rendre compte.
John Tooby, un psychologue évolutionniste, professeur d'anthropologie à l'université de Californie, Santa Barbara (http://edge.org) postule que l'homme opère selon l'un des trois modes suivants, soit une logique de coopération, soit une logique de prédateur ou soit une logique de soumission. Ces trois modes ont été sélectionnés au cours des temps par l'évolution pour nous doter des comportements appropriés dépendant du type d'écologie sociale où nous sommes insérés, et bien sûr de notre condition individuelle. Ils viennent avec des buts, approches stratégiques et désirs, requis selon la situation. Chacun de ces modes infère une interprétation évidente des intentions de l'autre (coopération, confrontation, soumission) et la connecte à des éléments culturels spécifiques. Par exemple, le cri phalangiste durant la guerre d'Espagne, "Viva la Muerte" sonnera comme horriblement répugnant pour certains ou au contraire exaltant pour d'autres. Idem aujourd'hui, la barbarie islamique avec ses égorgements de masse nous donne envie de vomir, mais pour d'autres c'est le signe du triomphe d'Allah et de son prophète. En gros, on ne voit jamais le monde tel qu'il est mais uniquement à travers l'un des trois filtres que l'évolution a sélectionné durant des centaines de millénaires alors que le contexte social de l'humanité était infiniment plus simple que celui que nous connaissons depuis quelques siècles seulement. 
Le premier mode, la logique de coopération, est devenu dominant dans nos sociétés évoluées, parce que les interactions gagnant/gagnant (somme positive) sont généralement perçues comme plus productives que la confrontation entre des groupes de force plus ou moins égale. Bien sûr, on peut être coopératif chez soi et horriblement prédateur à l'extérieur, et bien sûr, il y eut Napoléon, Hitler, Staline et beaucoup d'autres. Mais depuis 70 ans, on ne conçoit pas d'alternative à la paix; les guerres locales sont pensées comme des anomalies et non comme la normalité, alors que la guerre pour les seigneurs au Moyen-âge relevait de l'ordre naturel des choses. 
Le deuxième mode, la logique de l'agression, fut littéralement inscrit par la nature dans notre ADN, parce que ce fut la loi du genre depuis l'apparition des êtres multicellulaires. L'exploitation du plus faible, lorsque l'individu ou le groupe sont en position dominante est alors la règle, nous devenons des suprématistes, nous optons pour le conflit ou la guerre. Cette logique est toujours présente dans les rapports internationaux, mais comme ultime recours, à éviter si possible.
Le troisième mode, la logique de subordination, est basé sur la conviction que l'adversaire gagnera. Je souligne que c'est un processus généralement inconscient et qu'il ne découle pas d'une évaluation objective du rapport de force. Ces situations se rencontrent partout, un enfant tyrannique peut exercer un véritable chantage et le rapport de forces lui est favorable lorsque les parents ont peur de ce qu'il fera; idem dans un rapport de couple où le plus fort n'est pas celui qu'on pense, idem entre les nations, lorsque celles-ci utilisent la stratégie du faible au fort, en recourant à des moyens terroristes. Et on retrouve la même logique dans les pays où la majorité se refuse absolument à courir le risque d'être accusée de tyrannie vis-à-vis d'une minorité qui exploite adroitement sa situation auto-proclamée de victime, pour exiger sans cesse de nouveaux accommodements. Cette logique appelle à plus de déférence vis-à-vis du prédateur, ici masqué dans ses habits de victime; on l'excuse, on lui rend hommage, on s'identifie avec lui, on imagine ses souffrances, on inventorie toutes les injustices à son égard, on lui cède en calculant que ça sera moins coûteux socialement que si on lui résistait, et surtout on veille à ne pas le provoquer. Tout le monde a en tête la lâcheté universelle des journaux et autres média de l'occident qui refusèrent de suivre Charlie-Hebdo, lorsque celui-ci leur proposa de tous publier en même temps les caricatures de leur prophète. Ils refusèrent non pas parce qu'ils condamnaient les caricatures, mais parce qu'ils avaient peur, ainsi que le chroniqueur Yves Boisvert du journal La Presse, l'a récemment reconnu. On sait ce qui s'ensuivit. 
Le professeur John Tooby pense que les Lumières, les droits et libertés, le prodigieux développement des sciences et des technologies, le démantèlement des privilèges, ont créé des zones de relative harmonie depuis un peu plus de deux siècles, qui fait qu'on a du mal à imaginer toute autre logique que la coopération au sein de nos sociétés. Il ajoute que face à la violence de certains groupes, on se convainque que cela ne peut survenir que parce que ce groupe est victime de souffrances injustes et que si on répond à leurs demandes, la paix reviendra. Or toujours ces groupes prédateurs n'ont qu'une logique, le deuxième mode, "Je gagne, tu perds". Au lieu d'un peuple uni, nous hériterons de tribus.
Après ce petit détour théorique, ultra simplifié je le répète, il devient clair pour moi que Justin Trudeau opère selon une logique de soumission dont il n'est évidemment pas conscient parce qu'il est habité par le démon du bien. Winston Churchill disait que c'était très bien pour l'Église catholique de ne voir que le bien, mais qu'en tant qu'homme d'État, il lui incombait de voir le mal réel et d'y faire face. La posture angélique de Trudeau exige une victime à défendre à tout prix, une victime, si possible issue d'un ailleurs exotique. Il préfèrera un selfie souriant avec une femme en hijab à Peterborough que de s'assoir avec les parents québécois ayant perdu six des leurs et de pleurer avec eux. Il n'est pas nécessaire de penser qu'il est béatement habité par une admiration sans borne pour l'islam, mais il est nécessaire de pointer son irresponsabilité. Pour rappel un exemple, lorsque deux canadiens furent assassinés il y a deux ans par des convertis à l'islam, Justin Trudeau refusa de les condamner sur le champ, arguant qu'on devait auparavant essayer de comprendre les raisons de leur geste, comme si celui-ci pouvait être possiblement justifié.
Dans la continuité philosophique de son père, Justin Trudeau va plus loin; il veut faire du Canada, le premier État hors sol, sans aucune racine propre, non pas une société universelle a-culturelle, basée sur les seules prescriptions de la raison, ce serait à la limite un rêve fou mais honorable, mais non, ce doit être une société où n'importe quelle culture, incluant celles qui posent que le femme n'est pas l'égale de l'homme, aurait tout autant droit de cité que celle qui à force d'efforts, de combats et de sang, reconnaît que l'injustice immémoriale faite aux femmes doit cesser, immédiatement et sans aucune exception.