lundi 2 avril 2018

LE KIDNAPPING DE STEPHEN HAWKING




Stephen Hawing, le célèbre physicien des trous noirs était un athée sans concession. Son corps ou ses cendre furent convoyées à son lieu de dernier repos, l'Abbaye de Westminster par des gens d'Église. Je peux bien comprendre qu'en tant que grand homme, il soit inhumé près de Isaac Newton, tout comme en France, croyant ou athée, les grands hommes et femmes de ce pays se retrouvent au Panthéon.
Je trouve cependant déplorable ce kidnapping de l'Église anglicane, alors qu'au sujet de la question de Gottfried Wilhelm Leibniz "Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien" (je crois me souvenir que la question fut formulée par d'autres bien avant Leibniz, mais leur noms m'échappent), Hawking avait clairement répondu que les lois de la physique n'avaient pas besoin de dieu.
Mais la réponse de Stephen Hawking n'en était pas une vraiment. 
Je suis entièrement d'accord avec son affirmation qu'il n'est nul besoin d'un créateur, mais il n'en reste pas moins qu'il sous-entendait que les lois précédaient l'univers. Il y a comme un soupçon de platonisme ici. Les lois (ou leur essence) préexistent l'existence. 
Je ne suis pas un physicien, mais de ce que j'ai compris (évidemment insuffisamment), ces lois impliquent qu'un champ énergétique préexiste à tout et qu'il est agité de fluctuations quantiques, dont l'une d'elle a fait apparaitre au moins un univers, le nôtre, au sein d'une infinité d'univers (le multivers), ce qui règle une fois pour toute le principe anthropique fort et la question de la concordance fine et improbable statistiquement d'un ensemble de paramètres indispensables à notre univers. 
À ce stade-ci, on doit admettre l'existence d'un mur infranchissable à notre compréhension, même en changeant le "pourquoi" en "comment". Celui de savoir pourquoi un tel champ d'énergie existe, ce qui est une autre formulation de la question de Leibniz.
Mais au minimum, on peut affirmer que l'existence d'une intentionnalité toute-puissante, préexistant à tout, relève d'une profonde absurdité. Car une telle toute-puissance requiert une complexité informationnelle quasiment infinie, s'appuyant sur des structures capables justement de conserver et gérer de l'information. Et pourquoi, cascader de la complexité à la simplicité ? Il est plus logique d'opter pour l'absence totale d'intentionnalité.
Si on sort carrément de toute notion de logique, alors, on est dans la pure fantaisie, ce que sont tous les histoires religieuses des origines.
Tout ceci étant dit sans vouloir blesser quiconque, je citerais cette phrase sublime du Président Abraham Lincoln. "With malice toward none, with charity for all".

2 avril 2018



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