mardi 19 mars 2019

MUSULMAN MODÉRÉ





L’expression « musulman modéré » sonne de façon insultante aux oreilles des musulmans : pour eux, comment pourrait-il en être autrement, puisque le coran leur ordonne de suivre la voie du juste milieu ? En même temps, face à l’horreur des attentats islamistes, tuant et déchiquetant au cri de « Allahu Akbar » signifiant « Dieu est le plus grand » chacun s’interroge : qui est le vrai croyant musulman ? Celui qui vit tranquillement sur le palier voisin du nôtre ou celui qui sacrifie sa vie en tuant de simples citoyens vaquant à leurs affaires ? Celui qui brûle une vieille femme juive, rescapée de la Shoah encore une fois au cri de Allahu Akbar, l’imam de Brest qui éduque les petits enfants en leur disant qu’écouter de la musique ou danser les transformera en singes et en porcs comme les Juifs, l’hypocrite imam Hassan Guillet au discours fraternel lors de la tuerie de Québec, qui se révélera être un sous-marin antisémite, l’islamologue Ghaleb Bencheikh, nommé président de la fondation de l’islam de France, dont l’une des premières initiatives fut de co-organiser à Paris une conférence avec la ligue islamique mondiale, organe de diffusion du wahhabisme, ou bien le philosophe musulman Abdenour Bidar qui pense que l’islam peut aider à combler le vide spirituel de l’occident tout en rappelant dans une célèbre lettre à sa communauté, celle de l’ouma, qu’elle affiche un visage hideux, rongé par le cancer de la haine de l’autre (Lettre ouverte au monde musulman, Amazon.fr 15 janvier 2015).

Il est vrai, pour paraphraser Pascal, que vérité en-deçà des Pyrénées, erreur au-delà ; pour l’occidental, habitué à une religiosité devenue essentiellement intérieure et de plus en plus un cheminement individuel, l’affichage public surabondant de sa foi a un caractère agressif, extrémiste presque, et évidemment si on y ajoute les tueries au couteau comme au sein de la préfecture de police de Paris, les nombreux égorgements et les voitures béliers, trop, c’est trop. Pour lui, le musulman modéré sera donc celui qui dans les faits se conduira dans la vie commune sans habits ou signes ostentatoires, conformément à la maxime « À Rome, fais comme les Romains ».

D’un autre côté, qui a revendiqué de faire de l’Arabie saoudite, un bastion de l’islam modéré ? Nul autre que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Évidemment, l’idée d’un islam modéré en Arabie saoudite en a fait sursauter plus d’un. Quelque chose cloche quelque part. (Oasis, octobre 2017.
(https://www.oasiscenter.eu/fr/mbs-arabie-saoudite-islam-modr)

Il ne peut pas exister d’Islam modéré, comme le remarque fort justement Erdogan, le sultan turc, lors d’une rencontre de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) le 9 novembre 2017. Les commandements religieux sont implacables, la sortie de l’islam se solde par la mort, et même le simple fait pour un individu de ne pas respecter en public le ramadan est interdit par le code pénal marocain ainsi que tout propos de quiconque à encourager un musulman à sortir de l’islam. On parle bien ici d’un État, le Maroc, cité comme exemple de l’extrême modération.

Le drame du musulman est que l’islam lui interdit la libre disposition de son être et de ses croyances.

Comme l’a si bien dit le prix Nobel de littérature égyptien, Najib Mahfouz -lui-même poignardé en octobre 1994 pour ses idées par des musulmans fanatiques en Égypte - lorsque le musulman deviendra un libre individu, l’islam s’écroulera.

C’est pourquoi l’islam modéré est difficilement concevable ; en revanche on imagine très bien en contrée occidentale, des musulmans ayant une « pratique » très modérée, à l’instar de beaucoup de chrétiens et de Juifs, pratiquant leur religion sur le mode cafétéria, choisissant ce qui leur convient et rejetant sans états d’âme, les commandements indigestes ou quasiment empoisonnés. Le principal obstacle à cette façon de vivre est la pression communautariste qui a tôt fait de mettre au pas ceux qui dérogent à l’enrégimentation voulue par les mosquées et les organisations qui tirent les ficelles communautaires, tels les frères musulmans et les salafistes, grassement financées par les pétromonarchies et tous les rêveurs d’empire, qu’ils fussent turcs ou iraniens.   

Le musulman modéré ne peut l’être qu’en se dérobant au regard de sa communauté !



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