mardi 19 mars 2019

PALESTINE. PALESTINIENS




Excédés par les révoltes constantes de Juifs des royaumes de Juda et d’Israël contre l’autorité de Rome, les légions de Titus détruisirent le second temple à l’issue du siège de Jérusalem en l’an 70 EC (Flavius Josèphe, la guerre des Juifs). Cela ne mit pas fin aux révoltes et pour punir celle qui advint en 132-135, l’empereur Hadrien au IIè siècle décida d’éradiquer jusqu’au souvenir de ces deux royaumes juifs, en les nommant Palestine (Hérodote).
Autrefois appelé Canaan, cette contrée devint en partie les royaumes juifs de Juda et d’Israël, puis Palestine sous les romains, Terre sainte sous les croisés, Provinces arabes sous les empires mamelouk et ottoman, le dictionnaire Larousse de 1884 décrivant la Palestine comme une « contrée de la Turquie d’Asie, habitée autrefois par les israélites, souvent désignée sous le nom de Terre sainte »,  puis Palestine de nouveau à compter de 1920 sous mandat britannique à l’issue de la première guerre mondiale (conférence de San Remo). Les Anglais découpèrent une partie de celle-ci pour créer le royaume hachémite de Jordanie et permirent l’installation du foyer national juif de Palestine dont le drapeau – étoile de David jaune sur fond bleu et blanc avec l’inscription Palestine sous l’étoile juive- tel que l’atteste le Larousse de 1939. Enfin, depuis 1948 la Palestine désigne les territoires de Judée et Samarie (ex Cisjordanie) et la bande de Gaza, l’État juif ayant choisi de s’appeler Israël.
Mais le mot Palestine signifie maintenant bien plus qu’un territoire et les Palestiniens bien plus que la population arabe et chrétienne qui y vit. C’est devenu dans le cadre d’un conflit sanglant entre Juifs et Arabes, un mot masqué, piégé, un travesti historique pour lui faire dire ce que la Palestine ne fut jamais.
La Palestine actuelle ne fut jamais une contrée native du peuple arabe, ses habitants ne sont pas les descendants des peuples qui y fondèrent les royaumes juifs. Tout cela fut imaginé et construit durant la guerre froide dans les officines soviétiques pour contester la légitimité de l’État juif. Cela va très loin, on raconte même qu’Arafat, le chef historique de l’OLP, s’insurgea un jour contre les fouilles archéologiques à Jérusalem, en déclarant que les Juifs risquaient ainsi de détruire la première mosquée construite par Adam, le premier homme !
Aujourd’hui, le mot Palestine conjure l’image d’un peuple présenté comme dépossédé de sa terre. Quant aux Palestiniens, ils ont été sacrés victimes exemplaires, victimes expiatoires, requérant les soins les plus attentifs de la gauche bienpensante. Aucun autre blessé de l’histoire n’obtient aujourd’hui le dixième de la couverture médiatique qui leur est consacrée. Quelques exemples. Les Tibétains ont vu leur pays militairement confisqué par la Chine, l’implantation de Chinois Han est tellement avancée que les Tibétains sont devenus une minorité à Lhassa et bientôt au Tibet après avoir été dépossédés des autres territoires du Tibet historique, Sichuan, Gansu, Qinghai. La secte Ahmadiya de mouvance islamique s’est vu interdire de pratiquer ouvertement sa foi en Indonésie sous prétexte d’hérésie, tandis qu’à Mindanao une province à majorité musulmane dans un pays massivement chrétien, les Philippines, des mouvements islamistes extrémistes se sont développés peu à peu ; ils revendiquent une islamisation totale du droit et mènent des actions de terrorisme à l’encontre de la minorité chrétienne de cette province. 120.000 morts en dix ans rien qu’à Mindanao est l’horrible bilan de cette guerre, hélas presque silencieuse. Les musulmans Rohingyas subissent un effroyable nettoyage ethnique de la part des bouddhistes en Birmanie, mais dès que la pression retombe, la presse s’en désintéresse. Les Tchétchènes ont connu aux mains des Russes des massacres immenses relativement à leur nombre. Les coptes chrétiens qui comptent entre 6 à 10% de la population égyptienne sont en butte à des attaques quasi incessantes, leurs églises fréquemment incendiées, les chrétiens d’Irak qui étaient 1 million en 1980, ne sont plus que 200,000 et le temps est proche où il n’y en aura plus. Les 850.000 juifs des pays arabes sont tous partis ; l’une des dernières expulsions en 1969 par Kadhafi fut celle des 38.000 juifs qui y demeuraient encore, ils furent contraints de partir manu militari sans avoir pu emporter le moindre bien.
On critique à juste titre les expulsions abusives de Palestiniens dont on confisque les champs; pourquoi ne jamais faire de parallèle avec ce que firent Kadhafi, Nasser et autres dictateurs à l'égard des Juifs qui vivaient dans ces pays plus de mille ans avant que l'islam ne vienne les conquérir ?
Bref, les mots Palestine et palestiniens sont des mots codes pour récuser la légitimité d’un autre État, Israël, ils sont les éléments justificateurs de l’antisionisme, des mots qu’on balance comme des grenades explosives. Ils sont également l’un des cache-sexe de l’antisémitisme musulman.
Cela va très loin, lors des nombreuses manifestations violentes dans les quartiers sensibles en France, une banderole apparaît fréquemment « Paris, Gaza, même combat, intifada ». C’est dire combien les mots Palestine et Palestiniens sont devenus des fourre-tout à la jonction de deux mouvances - la gauche régressive et les islamistes. 


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